Un épouvantail dans les placards de l’Eglise

Un épouvantail dans les placards de l’Eglise

L’Eglise a revu sa position dès le XVIIIe siècle.

Présenté comme un héros de la liberté, apôtre de la vérité scientifique dans une Rome obscurantiste, Galilée sert régulièrement la cause des anticatholiques. L’Église a pourtant revu sa position dès le siècle des lumières.


Extrait : Le nom de Galilée reste encore aujourd’hui, malgré l’évolution de la position de l’Église catholique et les travaux d’historiens sur la complexité des décisions prises en 1616 et 1633, attaché à l’affrontement entre science et foi. Le mythe est simple : Galilée, père de la science moderne et apôtre de la liberté, a été persécuté, condamné voire brûlé (sic) par l’Inquisition. Comment expliquer cette reconstruction mémorielle ?

Elle n’est pas due à l’Église catholique qui entreprend une réévaluation de l’affaire Galilée dès le XVIIIe sous le pontificat de Benoît XIV. En 1741, le pape accorde en effet l’imprimatur nécessaire à la publication des œuvres complètes de Galilée, dont le fameux Dialogue, néanmoins précédé de l’abjuration de 1633. Il va plus loin en 1754. Profitant de la promulgation d’un nouvel Index, il fait supprimer les Libri omnes docentes mobilatem Terrae et immobilatem Solis c’est-à-dire les livres enseignant le système copernicien. Cette décision montre bien que le décret de 1616 est réformable, en réalité ce n’est qu’un décret disciplinaire et non canonique. Les œuvres sont donc retirées de l’Index mais toujours interdites… D’où un rebondissement de l’affaire en 1820 quand Joseph Settele, titulaire de la chaire d’astronomie à l’université de la Sapienza, décide de publier un ouvrage sur le mouvement de la Terre. […]