Le tournant François d’Assise

Le tournant François d’Assise

Un mendiant qui révolutionne la chrétienté

Les grands ordres mendiants sont des acteurs essentiels de la réforme grégorienne. Parmi les fondateurs, François d'Assise tient aujourd'hui encore une place à part.


Le parcours spirituel et la postérité exceptionnelle de François d’Assise illustrent et accélèrent une mutation profonde et décisive de la chrétienté : l’épanouissement d’un christianisme adapté aux nouvelles couches urbaines, nobles et marchands, mais aussi plus sensible et davantage tournée vers les humbles…

L’histoire du fils de Pierre Bernardone, marchand drapier, est bien connue. Il est né à Assise vers 1181, dans une petite cité qui profite à plein de l’essor économique européen. Attiré, à l’instar des jeunes citadins aisés de sa génération, par l’idéal chevaleresque, il dépense largement l’argent de son père pour adopter un mode de vie noble. Sa conversion à l’Évangile se fait dans ce cadre nouveau, celui de la prospérité des cités italiennes : en faisant miséricorde aux lépreux, il a la révélation intime d’un Dieu tout-puissant qui se dépouille intégralement pour se faire homme, au milieu des hommes. « Suivre nu le Christ nu » : c’est ce qu’exprime la dénudation de François devant l’évêque d’Assise, en 1206. Le service chevaleresque de « Dame pauvreté » trouve son sens théologique dans le mystère de l’Incarnation. Il s’agit, aussi, d’une folie sociale : à un moment où l’économie se monétarise, les disciples de François refusent de toucher à l’argent ; en partageant la vie des miséreux et des travailleurs saisonniers, ils proclament une forme de fraternité universelle à rebours du cloisonnement de la société médiévale. […]

Par Antoinette Guise

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le cahier pédagogique de Codex #04.