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Dans l’univers de J. R. R. Tolkien

Dans l’univers de J. R. R. Tolkien

La magie de la création

La Bibliothèque nationale de France consacre une magnifique exposition à cet écrivain populaire à l’imagination prolifique.


Digne professeur de langue et de littérature anglaises à l’université d’Oxford, J. R. R. Tolkien (1892-1973) a publié des travaux académiques sur la littérature en vieil et moyen anglais, notamment le poème épique du Beowulf ou le roman contant les aventures de Sire Gauvain et le Chevalier vert. Reconnu par ses pairs, il doit pourtant sa renommée mondiale à l’écriture d’oeuvres de fiction, empreintes de culture et de poésie, de fraîcheur et de profondeur.

En 1937, la sortie du Hobbit suscite à sa grande surprise un immense engouement auprès des lecteurs. L’éditeur demande une suite. Elle arrivera à maturation en 1954-1955 avec la publication du Seigneur des anneaux, pensé comme un tout malgré ses trois volumes. Exigeant, l’homme ne sort pas tous ses manuscrits du tiroir. Bien des oeuvres seront éditées par son fils après sa mort, comme Le Silmarillion.

Tolkien reste un auteur inclassable. « Personne n’a poussé aussi loin l’imagination pour créer de nouveaux mondes très complets et élaborés », insiste Frédéric Manfrin, commissaire de l’exposition qui lui est actuellement consacrée à la BnF. « C’est une véritable cosmogonie avec un récit des origines, une cartographie détaillée de la Terre du Milieu, des paysages qui évoluent avec le temps et les mutations géologiques. » Là, vivent cinq peuples libres : les Nains, les Elfes, les Hommes, les Hobbits et les Ents. Chacun possède sa langue, ses traditions, ses responsabilités aussi. Les humbles peuvent accomplir des actes héroïques, surtout quand ils ne sont pas intéressés par le pouvoir. Pour Frédéric Manfrin : « Beaucoup disent que le Seigneur des Anneaux raconte le combat du bien contre les forces du mal. Mais je crois que la thématique centrale reste le positionnement de chacun face à sa propre mort. Tolkien a perdu son père à quatre ans et sa mère à douze. Il a aussi connu les tranchées de la Somme pendant la Première Guerre mondiale. »

Profondément catholique, l’homme évite de parler explicitement de religion dans son oeuvre de fiction. Le critique Leo Carruthers parle d’une lampe invisible qui irradie le texte d’une lumière, d’une présence, d’une transcendance.

(…). L’intégralité de l’article se trouve dans Codex #13.

Par Priscille de Lassus