Saint-Office, chronique de deux procès

Saint-Office, chronique de deux procès

L’affaire Galilée se joue en 1616 et en 1632

L’affaire Galilée se joue en deux temps. En 1616, le savant s’en tire avec un avertissement. Il obtempère avant de publier le Dialogue en 1632 qui lui vaut condamnation et abjuration. Ses ennemis ont pris le dessus.


Extrait : Avec beaucoup d’assurance et un art consommé de la polémique, Galilée a défendu ses thèses héliocentriques lors de sa tournée triomphale à Rome en 1611. L’homme suscite des adhésions enthousiastes dans les rangs les plus élevés de la hiérarchie catholique mais aussi des oppositions de plus en plus fortes dans les milieux conservateurs. La question copernicienne agite les esprits. Elle prend une amplitude nouvelle quand l’astronome laïc commence à recourir à la Bible pour réfuter ses adversaires. Une intrusion inacceptable pour de nombreux exégètes, garants de l’interprétation des Écritures. L’offensive est déclarée en décembre 1614 par le dominicain Benedetto Caccini qui dénonce, du haut de sa chaire florentine, « l’hérésie galiléiste ». Le 7 février 1615, le dominicain Lorini, prédicateur à Florence de la cour grand-ducale, adresse à la congrégation de l’Index une dénonciation en bonne et due forme, accompagnée d’une copie de la lettre à Castelli. Il y relève de « nombreuses propositions qui lui paraissent ou suspectes ou téméraires », tout en ajoutant: «Toutefois, je l’avoue, je tiens ces galiléistes pour des hommes de bien et de bons chrétiens, mais peut-être un peu rigides et cassants dans leurs opinions. » […]