Les jardins ouvriers d’Ivry-sur-Seine

Les jardins ouvriers d’Ivry-sur-Seine

L'héritage de l'abbé Lemire en banlieue rouge

Aux portes de Paris, dans la capitale du communisme français, les jardins ouvriers d’Ivry continuent de porter les intuitions de l’abbé Lemire. Un petit coin de paradis où l’on cultive les légumes comme la solidarité.


« Rue Marat, place Danton, école Robespierre, tour Lénine, boulevard de Stalingrad, jardin de l’Insurrection, cité Louis Aragon… Bienvenue à Ivry-la-Rouge ! Dans cette ville de la proche banlieue parisienne, le communisme municipal s’illustre par sa longévité exceptionnelle depuis 1925. Une tradition qui résiste encore, comme le montrent les dernières élections locales, quand la ceinture rouge de la capitale s’effrite partout ailleurs. Sur le terrain, les catholiques se sont mobilisés pour contrer l’influence d’une idéologie qu’ils jugeaient mortifère à travers une ceinture verte de jardins ouvriers. L’oeuvre devait éloigner les hommes du cabaret et des réunions politiques pour leur assurer une activité saine, au service de la famille, selon une idée défendue au niveau national par l’abbé Lemire. À Ivry, ville hautement symbolique, le nombre de ces parcelles potagères ne cesse de progresser entre 1907 et 1945, sous la houlette du pharmacien Gustave Marque, devenant une vitrine de l’action de la Ligue du coin de terre et du foyer. Dans ce domaine aussi l’héritage perdure à travers une association indépendante qui assure la gestion de deux cent cinquante-et-un jardins ouvriers dans un esprit d’entraide et de sociabilité. (…)  »

Par Priscille de Lassus

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