Le nouveau combat des Karen

Le nouveau combat des Karen

Entre Birmanie et Thaïlande

Les armes se sont tues mais, dans la jungle birmane, ou dans les camps de réfugiés thaïlandais, un nouveau danger mortel menace les montagnards Karen. Une culture et un mode de vie millénaires résisteront-ils aux sirènes de la modernité ?


Un pagne noué autour des hanches, assise sur ses talons, une femme pile à la main quelques poignées de riz. Le bruit d’un moteur arrête son geste. Elle lève la tête et affiche au sommet d’un cou démesurément long cerclé de laiton, un sourire de Madone. Daw Thin Kyi a l’habitude d’être interrompue dans ses tâches ménagères. Kayan de naissance, elle vit dans un petit village de montagne difficile d’accès où pourtant des centaines de touristes passent chaque année pour découvrir et photographier les dernières « femmes girafes ». Les bracelets et les colliers de Daw Thin Kyi sont connus dans le monde entier. Régulièrement les femmes Kayan sont mises en avant dans les magazines et les agences de voyage pour vanter la diversité culturelle et ethnique de la Birmanie. Véritables icônes publicitaires à l’extérieur du pays, les Karen sont pourtant, depuis des décennies, les tenaces adversaires des Bamar, l’ethnie majoritaire, bouddhiste, dont ils combattent l’armée régulière depuis 1948. Une des plus longues guerres civiles de l’histoire contemporaine !

C’est qu’il n’est pas commode d’être une minorité dans un pays qui en recense officiellement cent trente-cinq et une centaine de langues et dialectes différents. L’exode récent et médiatisé des Rohingyas musulmans vers le Bangladesh, le prouve à l’envi. « Les Karen n’ont pas le contrôle légitime […]
Par Antoine Besson
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