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« L’embryon est au centre de notre anthropologie »

« L’embryon est au centre de notre anthropologie »

Entretien avec Marie-Hélène Congourdeau

Le statut de l’embryon sera sans doute à peine évoqué lors des États généraux de bioéthique. Il suscite pourtant des questions depuis l’Antiquité, renvoyant au mystère de l’homme. Entretien avec Marie-Hélène Congourdeau.


Pourquoi vous êtes vous intéressée à l’embryon ?

Je cherchais un sujet de thèse et je voulais étudier l’enfant à Byzance. Ce type de thématique était alors très à la mode parmi les historiens. J’ai consulté le droit canon byzantin et, par le jeu du classement alphabétique, je suis tombée sur le terme amblôsis qui signifie avortement. Je me suis dit que j’allais intégrer l’embryon dans mon travail. Au départ, ces recherches devaient alimenter le prologue mais je me suis retrouvée totalement submergée par les sources ! Il y avait une abondance de textes sur le sujet : médicaux, philosophiques, théologiques, astrologiques, alchimiques… (…)

-Justement, qu’avez-vous découvert ?

L’embryon se trouve au centre de notre anthropologie ! Pour savoir ce qu’est un homme, il est important de comprendre à partir de quel moment on devient homme, de déterminer quand on a affaire à un être humain. Cette question fondamentale traverse toute la pensée de l’Antiquité, notamment la philosophie. Les Anciens étaient travaillés par ces deux interrogations : Est-ce que l’embryon possède une âme humaine ? Quand apparaît-elle ? Aujourd’hui, cela reviendrait à se demander : Est-ce que l’embryon est une personne humaine ? À partir de quand ? Cette réflexion entraine d’autres questions essentielles : Cette âme vient-elle d’ailleurs ? Existe-t-elle en dehors du corps ou bien émerge-t-elle au fur et à mesure que le corps se développe ? Selon la réponse apportée, les Grecs vont construire deux anthropologies opposées.

-Dans l’Antiquité, quelle connaissance médicale avait-on de la grossesse ?

Les médecins grecs possédaient une connaissance assez précise (…)

Retrouvez l’intégralité de cet article dans Codex #07.