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Quand les femmes menaçaient la République

Quand les femmes menaçaient la République

Des bigotes sous influence ?

La raison et la science n’y peuvent rien, les stéréotypes sexistes prospèrent dans les milieux républicains et Libres penseurs de la Belle Époque.


Paris, mai 1881, boulevard Rochechouart, cirque Fernando. Le congrès de l’Union de propagande anticléricale tire à sa fin. Lors du banquet de clôture, Germain Casse, député de la gauche radicale, se lève et porte un toast à Maria Deraismes, militante féministe et première française initiée aux rites maçonniques. Au passage, il rappelle une conviction : « Le premier devoir d’un libre penseur, c’est d’interdire à ses enfants et à sa femme d’aller au confessionnal et à l’église. » Les convives – essentiellement masculins – applaudissent.

L’épisode à de quoi faire retourner dans sa tombe, la très érudite, Marguerite de Rochechouart de Montpipeau (1665- 1727), quarante-troisième abbesse de l’abbaye bénédictine de Montmartre, qui a donné son nom au boulevard. Il informe, aussi, sur la place accordée aux femmes dans les cercles de la libre pensée. Un petit milieu militant constitué de « vrais républicains » où l’on se réclame de la raison et de la science mais sans échapper vraiment aux stéréotypes sexistes. C’est en effet chez les républicains anticléricaux que se recruteront les plus ardents opposants au droit de vote des femmes accordé en France, par le général De Gaulle, seulement en avril 1944. […]

Par Jean-Yves Riou

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